Dimanche 11 avril 2010 7 11 /04 /Avr /2010 23:54

11 avril, je reviens écrire sur ce blog. Presque 2 mois après mon retour. Pourquoi si tard? Avant tout car lors des premières semaines je n'ai pas eu beaucoup de temps pour cela. Et puis après? Je ne le voulais pas spécialement je crois. Je suis bien passé mettre quelques nouvelles photos, mais je n'avais pas envie d'écrire ici, comme s'il s'agissait d'une autre manière de dire que cela n'était pas fini?

 

Mais finalement, quand est-ce que s'arrête un Erasmus? C'est bien ce que je me demande. Cette aventure s'arrête-t-elle dès notre "retour"? Je ne crois pas. Je crois qu'il y a une vie avant Erasmus, et une vie après, c'est certain. Mais je crois surtout qu'il y a la vie Erasmus que l'on peut faire vivre après cette aventure. Garder des contacts réguliers avec nos compagnons d'aventure, colocataires...et bien sûr programmer des voyages pour voir tout ce petit monde! Ceci me fait penser que des amies brésiliennes étaient de passage à Paris en mars, et j'ai pris un plaisir fou à les revoir, en dehors de l'Espagne, dans ce que peut être cette vie après Erasmus.

 

Ce fut une grande bouffée d'air, ce séjour parisien. Le premier "voyage" depuis mon retour. Et je dois vous dire que c'est très étrange de ne plus voyager autant. Ne plus découvrir comme nous le faisions là-bas, où même "ici", comme j'ai souvent tendance à le dire encore. Et le retour alors?

 

J'ai vécu ma dernière semaine en me disant que je devais tout vivre, à fond, chaque seconde, chaque sourire, chaque fête, chaque passage dans chaque rue. Je ne voulais rien perdre, pour ne rien regretter. Car cette avanture fut d'une richesse incroyable, encore plus que ce que j'aurais pu imaginer. Et on s'aperçoit alors qu'un erasmus ça ne s'imagine pas finalement, ça se vit. Et ceux qui ont vécu cette aventure le savent. Nous sommes presque aigris lorsque nous revenons, de voir que certaines choses n'ont pas changées, que l'on ne veut surtout pas retomber dans cette routine, ces habitudes. Que l'on chasse à chaque instant ce sentiment de répétition, de déjà vu. Jamais deux fois les mêmes choses. Et que l'on a du mal à revoir tous ces visages connus, à revivre dans ce qui est "notre maison". On recherche même plus ou moins l'éloignement.

 

Ce retour fut dépaysant, quitter la neige de Segovia pour retrouver le verglas des routes françaises, le silence du lotissement familial, et se dire qu'il y a beaucoup trop de français ici. C'est fou. On a du mal à rester en place d'ailleurs, il faut que ça bouge, qu'il y ait de l'imprévu, de l'improvisation, comme avant.

 

Mais avant n'est plus, et ça ce n'est pas facile. Mais on peut quand même continuer à l'entretenir comme je vous le disais, pour atténuer au maximum ce "blues erasmus". Et pour ma part ce fut assez "facile", le pragmatisme et les souvenirs magnifiques font plutôt bon ménage il faut croire.

 

Des souvenirs qui m'amènent à prendre un peu de recul sur ce que j'ai pu vivre là-bas, et sur ce qui a rendu ce séjour si enrichissant. Avant tout je crois qu'un départ à l'étranger doit être vu comme l'occasion de nous découvrir nous-même, ou au moins en partie, là où personne ne nous connait. Devoir s'adapter à un tas de petits détails, être autonome, débrouillard, curieux, plus tolérant, plus ouvert, plus mobile.

A elle seule, la vie en communauté m'aura au moins apportée tout ça, si ce n'est plus. Et je me suis aperçu qu'il me restait 10000 fois plus de choses à découvrir.

 

De cette curiosité, je garderai en tête ce goût pour l'observation. En revenant à Angers, j'ai compris que j'y vivais depuis 3 ans mais que je ne connaissais pas la ville. J'y étais sans y vivre, sans regarder suffisament, sans m'interroger. D'ailleurs, il y a une citation de Marcel Proust qui résume très bien cela:

 

"Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux".

 

Et puis il y a ce sentiment que rien n'est impossible, que tout est proche, réalisable, à condition de s'en donner les moyens et le droit d'y croire. On revient peut-être un peu plus utopique après un erasmus, plus critique aussi.

 

Pour rien au monde je ne changerai quelque chose de cette aventure. Oui elle n'était que de 5 mois, mais je l'ai vécu ainsi. Tout n'y était pas parfait, bien sûr, mais j'y ai construit mon Erasmus, bien aidé par toutes les rencontres, visites, pensées, et j'en passe, car il y aurait tant de choses à dire, ou sinon à garder pour soi, car c'est avant tout une aventure partagée avec ceux qui étaient là-bas.

 

Aussi je ne suis pas revenu écrire plutôt car inconsciemment je ne voulais pas mettre un coup d'arrêt à cette vie, mais je sais maintenant comment elle va être vécue dans les mois à venir, et cela me libère.

Car il y a des clichés erasmus, et pour le coup, je contribue  les entretenir...et à rêver avec.

 

Je veux encore et encore voyager, voir, regarder, apprendre, me sentir bête, rencontrer, connaître, me perdre, découvrir, me découvrir.

 

Bien que je voie en Erasmus et en tous les voyages une opportunité grandiose, je comprends maintenant un peu mieux ceux qui ne souhaitent pas partir ainsi. Je ne les envie pas, mais il faut de tout pour faire un monde. Pour ceux qui partiront ou qui veulent partir, vous comprendrez.

 

Je vous souhaite surtout de vivre votre aventure, à fond, car c'est ce sera certainement qu'une fois, et cela sera, je crois, le point de départ de beaucoup de choses.

 

Car "Le voyageur n'est pas arrivé à destination".

 

Hasta luego!

 

 

 

 

 

 

Par Maxime.
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Lundi 11 janvier 2010 1 11 /01 /Jan /2010 15:47

Voilà, cette année 2009 se termine, quasiment en même temps que mon troisième mois ici.
D'ailleurs tout comme mes vacances de Noël, nous reprenons les cours jeudi, mais le lendemain de «los Reyes Magos» il n'y aura vraiment pas grand monde, surtout pour une seule journée. J'attendais avec impatience de passer les fêtes ici, alors que tous les autres erasmus étaient ravis de rentrer chez eux. Mais comme je vous l'ai dit je n'étais pas isolé du monde, une partie de la famille et quelques amis ont animé une semaine à eux seuls.

Pour revenir sur l'absence «d'ambiance de Noël» ici, l'importance des Rois Mages (Reyes Magos) est confirmée. Pour le réveillon de Noël j'étais gentillement invité à dîner dans la famille de Senin. Ce fut très chaleureux, mais pour eux il s'agit plus de faire un repas convivial, sans forcément mettre «les petits plats dans les grands». Accueil à bras ouverts, principe des tapas conservé à table, avec différents plats disposés dans lesquels on «pique» à volonté: calamar, gambas, jambon «serano» (fumé), fromage... Il n'y a pas non plus cette excitation des enfants devant le parterre de cadeaux disposés autour du sapin: un petit cadeau pour le principe, ils savent très bien que la majeure partie viendra pour les Rois Mages, donc le 6 janvier, une coutume très chère aux Espagnols.
Mais ici, une fois le repas familial terminé, tu trouves tout de même quelques bars d'ouverts, et plutôt bien garnis! «Retour» le 25, mêmes plats et même ambiance.

Après ça visite familiale, puis premier de l'an. Contrairement à ce qui était prévu, nous n'avons finalement pas été à Madrid, temps catastrophique, contre-temps, sortie du 30 jusqu'au petit matin et retour le 1er prévu à 13h ont eu raison de nous. Tout c'est donc passé à Segovia, mais comme vous pouvez l'imaginer dans une ambiance très festive. Ce qui est drôle c'est que les Espagnols conservent cette culture bars et boîtes de nuit, mais habillés en costumes-cravates et robes de soirée!
Et puis après tout ça il faut commencer à se pencher sur les dossiers à rendre, et on s'aperçoit qu'en Espagnol ça prend «un peu plus de temps», que ce n'est pas durant ces vacances que je me serai reposé, mais que ce fut plutôt l'occasion de redécouvrir le plaisir des tapas et des bars sympas, ceux où l'on va juste prendre un verre parce que l'on s'y bien.
Comme vous avez pu vous en rendre compte, cet article a été écrit en deux temps, donc parfois quelques précisions se rajoutent, sans que je souhaite forcément en changer le contenu initial. J'ai maintenant bien avancé mon dossier, et ça prend même beaucoup plus temps finalement. Entre faire toute une analyse de "Trainspotting", donc le voir attentivement à plusieurs reprises, prendre des notes, chercher des informations...et retranscrire tout ça en Espagnol...déjà 25 pages et me reste l'analyse musicale...ça fait du travail!
Mais je ne m'en plains pas, car ça me permet de me mettre dans le rythme avant la dernière ligne droite et les examens. Et puis nous n'avons plus internet, il semblerait que le voisin ait changé de modem face aux problèmes de connexion répétés, et qu'à l'occasion il ait aussi mis un code. Mince. Ça en réduira ma dépendance, ce n'est peut-être pas plus mal. D'un autre côté ça veut aussi dire que vous n'aurez pas les photos prévues.
Bon je corrige mes mots, car la situation a changé, et internet est revenu au tout début janvier! Franchement ce voisin...:-)
Avec cette nouvelle année je repense à fin décembre 2008 lorsque j'ai appris que je partirai en Erasmus, ici et pas ailleurs. Ça me semble loin, tout comme le délai d'attente durant lequel je me disais "c'est dans longtemps..." et avec des dernières semaines interminables. C'est comme dire à un enfant au mois d'avril quel cadeau il aura à Noël, se lance alors un compte à rebours très lent. Mon erasmus j'étais ravi de l'avoir, et je le suis encore plus de le vivre.
Cette attente, ces recherches sur cette ville qui me semblait inconnue sur «google map», l'arrivée ici... ce n'est pas la fin, donc je ne vais pas jouer les nostalgiques. Mais j'ai bien conscience que l'essentiel est derrière moi.
J'aurai bien sûr aimé rester une année universitaire complète, mais je savais dès le départ que ce n'était pas possible. En tout cas j'aurai profité de ces trois premiers mois et 10 jours à merveille, en attendant le reste. Je n'avais guère apprécié «l'auberge espagnole», et ce n'est pas ce film qui a éveillé en moi l'envie d'un départ. Klapish avait très bien cerné son sujet, malgré, je trouve, quelques longueurs et clichés. Mais maintenant je comprends tout à fait les mots de Romain Duris devenu Xavier.

 " Quand on arrive dans une ville, on voit des rues en perspective. Des suites de bâtiments vides de sens. Tout est inconnu, vierge. Voilà, plus tard on aura marché dans ces rues, on aura été au bout des perspectives, on aura connu ces bâtiments, on aura vécu des histoires avec des gens. Quand on aura vécu dans cette ville, cette rue on l’aura prise dix, vingt, mille fois. Au bout d’un temps cela vous appartient parce qu’on y a vécu."

Ces rues, il m'a fallu peu de temps pour m'y retrouver, en profiter, et peu à peu me les approprier. Cette ville est trop méconnue pour tout ce qu'elle a à offrir: architecture, vie culturelle, bon vivre, vie nocturne, situation géographique... en tout cas à mon goût. Elle n'a pas la mer de Valence, le soleil de Malaga ou encore l'éclectisme de Barcelone, mais il y règne vraiment une atmosphère unique, c'est comme un petit village plein de vie, «où le temps se serait arrêté».
J'ai d'ailleurs pris beaucoup de plaisir à partager un peu de tout ça avec mes proches, et je me rends compte que je connais maintenant un peu de son histoire, de ces petites rues bien cachées, et c'est vraiment agréable de s'apercevoir encore un peu plus combien je me sens bien ici. Et Segovia sous la neige est tout aussi plaisante.

Cependant, en vivant de voyages et dans un rythme de vie dont on décide en permanence, on s'éloigne un peu de "la réalité". On ne fait que ce que l'on veut, avec pour seule obligation l'université. On se construit un rythme de vie passionant mais qui nous "déphase" totalement de ce que l'on retrouvera en rentrant. Je commence à comprendre, et peut-être à entrevoir ce qu'est "le spleen post-erasmus".
Mais je compte bien profiter de ce dernier mois et une semaine. Entre les révisions, les examens, une visite à Toulouse et un match à Santiago Bernabeau. C'est chargé, comme tout cet Erasmus.
D'ailleurs Bernabeu j'en reviens! Match à 19h ce dimanche, Real Madrid-Real Mallorca, le 2ème recevant le 4ème, belle affiche. La neige s'est invitée, ça a forcément refroidit l'atmosphère. Mais j'ai tout de même gardé mes yeux d'enfant grands ouverts pour voir où courraient mes idoles de 98, bien avant l'équipe de France. Suker, Mijatovic...maintenant remplacés par les "Galactiques" de Florentino, mais peu importe. Un petit tour par la boutique officielle avant la rencontre, où l'effervescence était incroyable: maillots floqués, tasses et autres souvenirs parfois improbables s'arrachent en peu de temps. Maintenant je comprends mieux tout le merchandising du Real, et que ces "investissements" à coup de centaines de millions rapportent au mois autant de millions...
Ayant payé ma place avec ma CB française et par internet, je me devais de la retirer à un guichet spécial. Une fois cette formalité passée je peux enfin rentrer dans cette enceinte mythique, qui s'apparente un peu à un grand théâtre: construite tout en hauteur, les tribunes à différents niveaux comme des balcons, mais finalement pas si imposante que l'on pourrait le croire. Mais cela reste tout de même très impressionant. Pour la nouvelle gouvernance espagnole à la tête de l'UE un petit protocole était organisé, mais pas aux goûts des madrilènes: l'officiel européen est conspué et des "VIVA ESPANA!!!" retentissent dans le stade. Le ton est donné. Le match est plaisant malgré quelques approximations de part et d'autre, et les "socios" (les abonnés du club à qui le club appartient réellement, qui élisent le président...) dont je suis entouré ne pardonnent rien à leurs joueurs, Cristanio y compris.
Higuain "El pipita" continu sur sa lancée d'un superbe but, puis Granero peu après la reprise. Le match prend fin, et la neige retarde considérablement notre trajet retour.
Ce week-end j'ai aussi accueilli deux étudiantes erasmus grecques venant de Vallaladolid en Couch Surfing, la première fois que je jouais les hôtes. Très sympa, et je réedite l'expérience ce mercredi avec une Argentine, qui semble tout aussi gentille.

Vendredi départ pour la France, et oui petite visite à Toulouse, la ville rose pour y retrouver des visages loin d'être inconnus.

Maintenant je pense seulement venir réécrire ici une fois les examens terminés, pour vous parler de tout ça, et si je le peux faire un bilan de cette expérience, pour clôturer ce blog. Je tiens aussi à prendre le temps de relire chacun des articles pour en corriger les fautes d'orthographe et de frappe qui y trainent, car ce n'est pas à mon goût. Mais quand on choisit d'en dire plus au détriment d'une relecture...je m'en excuse. Le programme «Viajeros» se termine. Bien l'un des rares programmes de la télévision espagnole à portée culturelle.
Cette émission télévisée met en avant des Espagnols expatriés dans les villes du monde entier, chargés d'en faire une présentation, de la culture... et Amsterdam à vraiment l'air agréable.

Un fois parti, on attrape le virus du voyage, on m'avait pourtant prévenu.

Par Maxime.
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Samedi 26 décembre 2009 6 26 /12 /Déc /2009 19:03

Voilà 10 jours que nous sommes revenus de Santiago, peut-être plus connu sous le nom de Saint-Jacques de Compostelle. Je tenais à attendre un petit peu avant de revenir vers vous, car à bien y repenser 12 jours et 3 voyages en 3 semaines ça fait beaucoup. J'avais donc besoin de prendre du recul vis-à-vis de tout ça, de me reposer un petit peu, et aussi de reprendre à vivre dans Segovia.

 Pour commencer, ce voyage fut un peu plus laborieux que ce qui était prévu! Pour ceux qui connaissent Ryan Air, les passagers doivent imprimer les billets au plus tard 40 minutes avant le vol. Le problème c'est que je me suis gentillement laissé vivre au retour de l'Andalousie, en oubliant totalement ce détail. En temps normal ça peut ne pas être bien grave si on s'en aperçoit en pleine journée. Sauf que dans mon cas je m'en suis rendu compte à 2h du matin, alors que notre avion était a 9h, avec un départ de Segovia à 6h30, du matin bien sûr! Gros moment de panique je dois l'avouer, car je ne savais vraiment pas où je pouvais rencontrer une imprimante à une heure si matinale pour les Espagnols, que nous n'avons pas non plus dans l'appartement.001
Mais que ce passe t-il si je n'ai pas imprimé mes billets à temps? Et bien à vrai dire ce n'est pas non plus une catastrophe, mais ça me fait payer 60 euros de plus, chose dont je n'ai vraiment pas envie, surtout pour un bout de papier! Alors j'essaie de trouver une solution, et celle qui me semble la plus judicieuse est de sauter dans le premier bus de 5h45 direction Madrid, afin de chercher une imprimante sur place. Sur le chemin de la gare routière je demande à deux hôtels et à la gendarmerie, les employés des deux premiers ne peuvent pas, ce que je comprends bien, et pour la dernière il semblerait qu'ils ne soient pas très intéressés! Le sommeil s'empare de moi durant l'heure et quart de route, car finalement avec tout ça j'ai préféré ne pas dormir de la nuit plutôt que de dormir 1h. 7H à Madrid, si je décompte les 30 minutes de présence avant le vol qui s'ajoutent aux 45 minutes de métro pour aller à l'aéroport, j'ai juste un peu plus de 30 minutes pour trouver une imprimante.
Le compte à rebours est lancé, je me renseigne auprès de quelques madrilènes qui me disent qu'à cette heure là ce sera bien difficile, merci quand même. J'aperçois un supermarché ouvert 20h sur 24h (!), ils ont un ordinateur et une imprimante, mais la responsable m'envoie balader sous le regard dubitatif de son employée. Je demande aux employés du métro, le temps presse, heureusement l'un d'entre eux se souvient d'une imprimerie qui est ouvert 24h sur 24h (!!!) à quelques stations de métro! Je saute dans le premier qui vient, et j'arrive à temps pour imprimer mon papier! Je peux donc me rendre à l'aéroport soulagé et finalement maintenu aux aguets par tant d'affolement.

045Le survol de la Galice dévoile alors un paysage bien différent de ce que l'on peut voir dans tout le reste de l'Espagne. Globalement les paysages espagnols sont très arides, et semblent parfois même désertiques. Ici nous découvrons des paysages très verts, des champs à perte de vue, beaucoup de ressemblances avec l'ouest de la France. Comme souvent nous nous rendons en voyage sans savoir où nous allons dormir, un peu de recherches et nous rencontrons un petit «hostal» pour 15 euros la nuit dans le centre historique, suffisamment confortable pour un week-end! Nous pouvons donc débuter notre petite visite de Santiago, dont le centre historique est finalement la seule chose à voir. Les petites ruelles sont très jolies, avec des battisses en pierres très anciennes, et les rues sont totalement dédiées aux restaurants, bars et petites boutiques, hors du centre historique les grandes enseignes. Rapidement nous rencontrons la place de la cathédrale, celle où les pèlerins se réunissent pour la grande cérémonie.

En ce vendredi cette place est vide, mais la cathédrale est somptueuse, très ancienne et très différentes de toutes celles que l'on a pu voir jusqu'ici! Nous pouvons rentrer gratuitement dans la cathédrale (contrairement à Malaga!) et découvrir ce Saint devant lequel les pèlerins se prosternent et parait-il lui baisent la tête! Nous continuons notre chemin dans ce centre historique très joli, vide de monde, et on se rend compte qu'en trois heures nous avons tout vu: cathédrale, musée du pèlerinage, parc...et c'est tout! Heureusement qu'il est très agréable de s'y balader, mais nous savons déjà que nous ne passerons pas la journée de samedi ici. Nous profitons de la soirée pour manger dans une crêperie très sympa (quand je vous dis l'ouest de la France!) et dormir assez rapidement. Tant pis nous ne verrons pas la vie nocturne très animée de Santiago.007
Après avoir hésité avec des petits villages côtiers à l'est de Santiago ,nous avons finalement opté pour La Corogne, à 1H de bus au nord de Santiago. Départ du bus à 10h, nous arrivons sous la grisaille de La Corogne, alors que chose rare, nous avons eu un grand soleil la veille à Santiago! Car oui Santiago est réputée pour avoir un micro-climat très pluvieux (quand je vous dis l'ouest de la France pour ne pas citer la Bretagne!).
Nous nous dirigeons donc à pied vers le centre-ville de la Corogne, parait-il typique, mais jusqu'ici nous longeons seulement de grandes avenues où s'entassent les banques. Heureusement nous découvrons le port et quelques façades composées de seules grandes baies vitrées, assez surprenantes. Au-delà de ça le centre-ville est finalement assez quelconque, mais nous nous faisons un plaisir de nous rapprocher du bord de mer, là où tout est paisible, bien loin de l'animation de toutes ces villes: de la tran-qui-li-té!!! Nous apercevons Ferrol de l'autre côté de l'estuaire, et le bord de mer est vraiment plaisant et ressourçant. Des falaises, de la verdure, juste un petit peu de vent, le soleil qui perce, des petites criques,3 heures passées ici vraiment très agréables.
Nous terminons notre tour par les plages beaucoup plus «industrielles» pour retourner tranquillement à Santiago. Quelques tapas en se contentant du calamar et vin local, mais sans oser le poulpe, puis un autre nuit de sommeil et un retour en avion dans la matinée bien plus tranquille que les péripéties de l'aller!

C'est ainsi que notre tour d'Espagne se termine: Segovia, Madrid, Avila, Toledo, Valencia, Barcelona, Granada, Cordoba, Malaga, Santiago de Compostella et La Coruna, le tout en 3 mois! Me manque Salamanca, j'étais malade ce jour là. Parmi tout ça nous nous sommes interrogés sur la renommée et la nécessité de se rendre à Santiago.

024Car c'est vrai que cette ville est mythique pour les milliers de pèlerins qui s'y rendent chaque année. Mais s'il n'y avait pas ce côté symbolique, je ne verrais pas «indispensable» de s'y rendre, bien que le centre historique est très sympa. En revanche le dépaysement général provoqué par la Galice est incontournable, tout comme finalement Santiago, et encore plus si il y a une cérémonie religieuse.058

Après tous ces voyages je suis heureux de me «poser» à Segovia, car il reste maintenant à peine deux mois avant la fin de l'aventure. L'autre jour je me suis aperçu que je n'avais pas encore assez profité de certains plaisir qu'offre Segovia. La plaza mayor dominée par la Cathédrale par exemple. J'aime beaucoup cet endroit mais à chaque fois je n'y fait que passer, sans prendre le temps de m'arrêter et de regarder. A y remédier. Je suis maintenant fatigué de ces trois semaines de voyages et par ces trois mois vécus à un rythme éfrenné, mais j'aurai réussi à me rendre dans toutes les villes que j'avais coché sur la carte avant de me rendre ici, et même bien plus. Les Espagnols me font remarquer que je connais plus de l'Espagne (géographique) qu'ils n'en savent, et je m'aperçois que j'en sais plus de l'Espagne que de la France. Mais comme je l'ai déjà dit, on fait toujours plus de choses loin de chez soi, car nous savons que c'est l'opportunité!047

Maintenant je vais cesser d'écrire, juste vous dire que jeudi dernier nous avons fêté «la noche vieja universitaria», une sorte de premier de l'an étudiant, qui est en fait la dernière soirée universitaire de l'année civile! Les rues sont bondées, les bars et discothèques aussi, je n'avais jamais vu autant de monde dans ces lieux à Segovia. Maintenant nous sommes officiellement en vacances depuis hier soir (mardi), mais officieusement depuis ce week-end, car vous comprenez bien que pas grand monde n'est intéressé par 2 jours de cours avant Noël!
Juste mon premier examen ce lundi, publicité pour ouvrir le bal. Quelques heures de révisions qui se sont révélées bien utiles une fois devant le QCM puis pour la question de rédaction. S'ajoutant aux quelques travaux rendus, j'ai maintenant guère de doutes quant à la validation de cette matière, c'est toujours ça de pris!
Chacun est rentré chez soi, Noël arrive, moi je reste, comme prévu, à la grande surprise de beaucoup. C'est vrai quoi, on ne fait que de dire et de se plaindre qu'un semestre d'erasmus c'est vraiment trop court, alors ne perdons pas deux semaines en revenant en France! Je passe le réveillon dans la famille d'un ami espagnol, Javier qui avec le temps est devenu Senin, mais qui est toujours le même. Puis une partie de la famille me rejoint quelques jours, et des amis pour la «noche vieja» qui se passera à Madrid, c'est ce que j'appelle un bon compromis.

055Et pour revenir à Noël et à son imposture (?), les Espagnols montrent un manque de goût incroyable avec les décorations de Noël! Des guirlandes très kitchs, ressemblant à celle d'il y a 10 ans en France, allumées seulement depuis le 17 décembre à Segovia (et pas tous les jours bien sûr!), des ampoules rouges, vertes...aucunes publicités de jouets à la télé, pas de marché de Noël...une imposture je vous dis! Ou finalement serait-ce nous qui en ferrions (beaucoup) trop avec Noël? Possible aussi.
Mais ici l'euphorie de Noël se retrouve plus le 06 janvier pour les rois mages, qui pour eux sont bien plus importants que le réveillon du 24, à l'inverse de «nous».095

Affaire à suivre...en vous souhaitant de bonnes fêtes de fin d'année!

Par Maxime.
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Jeudi 10 décembre 2009 4 10 /12 /Déc /2009 23:50

De retour le lundi après-midi de Madrid (nous sommes revenus trop tard le dimanche pour que j'attrappe le bus de Segovia)  pour repartir le jeudi soir direction Grenade, oui nous sommes erasmus! Avant de rentrer dans le détail de ce voyage, j'imagine qu'après avoir eu la confirmation que j'allais bien en cours, certains se demendent comment nous finançons toutes ces excursions!
Là je vais surtout m'adresser à de futurs erasmus, voyageurs ou les deux! Et bien il faut sacrifier ces vacances d'été et travailler trois mois sans repos, à moins de toucher cette bourse phénoménale du Crous pour les boursiers échelons 4 et 5! Pour le reste et donc la grande majorité, il vous faudra un capital de base important, ne serait-ce que pour vivre! La bourse erasmus et celle dont vous pouvez benéficier selon vos régions ne sont pas suffisantes pour assurer l'ensemble des dépenses! Alors oui j'ai travaillé durant trois mois, et maintenant je suis ravi d'utiliser cet argent pour voyager et me faire plaisir! Mais attention, nous sommes toujours à la recherche de ce qu'il y a de moins coûteux: et pour ça les vols low coast ou les bus (selon la destination) sont vraiment parfaits! Pour les billets d'avion il faut s'y prendre environ deux mois à l'avance, ce qui nous fait un aller-retour Madrid-Grenade pour 23 euros, merci Ryan Air!

Nous profitons donc ce pont de la constitution espagnole qui nous donne un merveilleux week end jusqu'au mardi inclus! Dernière précision, voyager demande tout de même de sacrifier quelques cours, il n'est pas toujours facile de faire tout coincider, mais ce n'est franchement pas bien grave, les professeurs le savent bien!187
Donc décollage à 21h de Madrid, arrivée à 22h à Grenade, 45 minutes de bus plus tard nous y sommes, il fait froid mais la ville semble tout de suite très belle. Il semblerait que la réservation internet de l'après-midi pour l'auberge n'ait pas fonctionné, heureusement il reste de la place! Petite discussion avec le très gentil gérant, la très connue Alhambra dès demain peut-être une bonne idée, car nous seront vendredi et à l'abri de l'afflut de touriste provoqué par ce pont de décembre. Il parait que 2000 touristes sont devant les portes à 6h du matin en pleine saison, nous décidons de nous y rendre à 8h00, c'est déjà tant qu'assez tôt! Finalement pas grand monde pour ne pas dire personne, à par nous, quelques courageux et le soleil qui pointe le bout de son nez! 12 euros d'entrée et un petit déjeuner, nous devons être à 9h00 PRECISES devant les portes du palais Nazarits: Car pour informations, quand  vous achetez votre ticket, prenez bien connaissance de l'heure de visite du palais qui y est inscrite, car aucun retard n'est toléré! Il est possible d'acheter des tickets le jour même comme nous l'avons fait, ou sinon pour le lendemain.
Accompagné de mes deux collocataires Stefanie et Kristina, nous avançons dans ce palais, et nous prenons rapidement conscience de la chance que nous avons d'être quasiment seuls: ce palais est incroyable, les réalisations sont magnifiques de précision et de cohérence, tout est simple et subtile, c'est sublime. Nous passons deux heures dans ce seul palais, ce qui ressemble plus à une ballade qu'à une visite, ce lieu est incroyablement paisible. S'en suit d'autres palais, puis ces jardins somptueux, vous devez penser que d'adjectifs, mais je vous assure c'est la première fois qu'un lieu m'envoûte et m'apaise autant, je n'avais jamais ressenti ça auparavant. Tout est beau, La Alhambra surplombe Grenade et nous laisse entrevoir tout ce qu'il nous reste encore à découvrir. C'est fou. Nous passons finalement 4 heures dans ce royaume, tous unanimes.072 Nous nous engageons pour découvrir un peu plus de la ville et rejoindre notre seconde auberge. Oui car n'ayant pas trouvé de couch surfing, nous avons cherché plus que tardivement des auberges en cette période de pont, à éviter!
La gérante nous conseil ce quartier blanc et gîtan que nous avons contemplé de La Alhambra, avec le mirador Saint Nicolas qui donne une vue d'ensemble sur la ville. Elle n'a pas menti, ce mirador dévoile une vue de proximité sur La Alhambra et sur l'ensemble de la ville, génial. Finalement ce mirador est une place ou des vendeurs de petits bracelets et autres prennent place, ambiance hippie et gîtane avec ce chanteur et ces guitares sèches. Un grand soleil rayonne, ce quartier est très différent du reste de la ville: toutes les maisons y sont blanches, les ruelles ne laissent pas de place aux voitures, et ne sont composées que de simples pierres ressemblant à des galets! Peu de personnes dans les rues, ce quartiers est très jolie bien que je ne m'y promènerais pas la nuit.142
Nous retrouvons Annika et Sandra deux autres erasmus allemandes de Segovia qui sont arrivées dans l'après-midi en bus. Direction un petit bar de tapas conseillé par la gérante de l'auberge, nous y mangeons et buvons pour à peine 6 euros chacun! C'est simple: ici la coutume est de "remettre" un plat gratuit à la suite d'un plat commandé. La nuit se poursuit dans la bonne humeur! Le lendemain nous voulons découvir le centre ville, la cathédrale et ses petites ruelles ou se vendent cette fois que des produits marocains et nords africains, la présence musulmane est encore très présente dans la ville, tout comme dans cette rue en descendant du quartier gîtan vers le centre ville.
La fin d'après-midi approche et il est temps de se rendre à Cordoba, 2h30 de bus nous attendent, et cette fois pas d'auberge en vue!
J'en profite pour lire "El Principito", le "Petit Prince" en Espagnol si vous préférez! Je ne l'avais jamais lu en Français, et ce livre est tout simplement magnifique: léger mais avec une morale très présente tout au long de l'histoire. Et accessoirement très bien pour se faire encore un peu plus à l'Espagnol!
207Une fois arrivés à Cordoba il fait déjà nuit, nous nous présentons à quelques auberges, toutes complètes, seul un "appartement" à 95 euros la nuit nous est proposé...nous continuons notre chemin! Nous y rencontrons David, Andalou comme son prénom ne l'indique pas, dans le même cas que nous, nous faisons maintenant route ensemble! Nous commençons à évoquer l'hypothèse d'un pont ou même d'une cellule de dégrisement au cas ou...! Après une petite heure de recherches nous trouvons finalement un petit hotel typique, ceux qui avaient réservé ont plus d'une heure de retard et ne se sont toujours pas présentés, business is business, les chambres sont à nous, 15 euros la nuit, parfait.019
Tapas dans un petit resto sympa recommandé par le guide du routard 2009, je confirme, très bon, mais pas donné! Le trajet en bus se fait sentir, nous préférons nous coucher tôt, nous n'avons qu'un jour pour visiter Cordoba. Nous commençons sous un brouillard épais avec la mosqué aujourd'hui cathédrale. Assez insolite, mais très jolie et surprenante. A l'époque de la domination musulmane en Espagne, la mosquée de Cordoba était l'équivalent de La Mecque. Mais auparavant elle était cathédrale puis aujourd'hui tout autant, ce mélange des cultes est tout de même étrange.

Puis le temps de se perdre et d'un problème de portable, je vais à l'Alcazar, petit chateau pour trois fois rien, 4 euros tarif plein et 2 euros pour les étudiants, le chateau est minuscule et pas de quoi s'éterniser, un peu plus sur les jardins très bien fleuris, les orangers présents en nombre sont très jolis. Lors de la sortie je retrouve finalement Steffi et Kris qui s'y rendent, j'ai une heure à passer, je rencontre finalement un petit marché artisanal et associatif très sympa. Puis le ciel se découvre pour laisser place à un beau ciel bleu, les couleurs blanches et jaunes des maisons prennent toutes leur mesure, les rues se remplissent, les villes n'est pas Grenade mais à son charme, c'est certain.
2413h30 de bus nous attendent pour rejoindre Malaga et le couch surfing de Pedro. Pour chacun des trajets en bus, je n'ai plus les prix en tête, mais c'est entre 9 et 12 euros à chaque fois.
Une fois à Malaga, il s'agit de se rendre chez Pedro, le taxi ne connait pas la rue, finalement on y arrive, c'est au pied du stade! Accueil chaleureux, sortie tapas et bars typiques! La nuit de sommeil est encore un fois courte mais la bienvenue, puis on se lève tôt pour découvrir Malaga! Une ville très bien fleurie, quelques parcs, L'alcazaba (la petite "Alhambra") pour 2 euros ou 60 cts pour les étudiants, un centre-ville agréable, mais une ville incroyalement sale. De loin la ville espagnole la plus sale que j'ai vu, ce que je n'aime vraiment pas. Après deux jours ici il est temps de retourner sur Grenade pour la dernière nuit et reprendre l'avion le lendemain. Deux jours tout même agréables avec une nouvelle expérience de couch surfing concluante! Nous avions prévu de retourner au mirador pour décourvrir une vue de Granada éclairée, mais nous sommes exténués par ces 5 jours où nous avons fait un nombre de kilomètres à pied incalculable, des trajets de bus assez long, nous décidons d'abandonner et de profiter d'un repos bien mérité!341
Ce voyage fut fantastique, dans une ambiance géniale, nous apprenons chaque jour à nous connaître un peu plus, et au bout de trois mois nous avons vraiment des affinités qui prennent formes.
Mais notre retour nous fait vite déchanter et nous fait rappeler que le savoir vivre n'est surtout pas la qualité première d'Hector: il a invité ses amis pour une soirée mais l'appartement est loin d'être propre, surtout la vaisselle, nous avions pris soin de laisser de la nourriture au frigo qui a été dévoré sans aucun scrupule, et le plus rageant est qu'Hector dit ne rien savoir et ne rien avoir vu. Comme toujours quand il s'agit de prendre ses responsabilités au sein de l'appartement il se défile. Cela commence à devenir pesant. Heureusement il a finalement fait l'effort de racheter quelques ingrédients, ce qui le connaissant est une forme d'excuses. C'est aussi ça la vie en communauté: vivre avec des personnes différentes, des cultures qui se mélangent mais qui aussi se télescopent.

Parfois rire, d'autres fois s'agacer, et surtout beaucoup apprendre sur soi.

Et demain à l'aube Santiago.

Par Maxime.
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Jeudi 10 décembre 2009 4 10 /12 /Déc /2009 21:31

Petit détour impératif par ce blog quelques heures avant mon départ pour Santiago, car tant de choses à dire, je n'ose imaginer le temps et les lignes que ça va prendre,allez je me lance!

Sans faire de détour par le précédent article, il me semble que je m'étais arrêté au festival de ciné accompagné de la gastro, et en évoquant les prochaines excursions: je vais donc reprendre les choses dans l'ordre!
En premier lieu, il y a donc ce documentaire consacré à Franco, "Franco, carra y cruz" qui m'a plus que laissé sans voix. Non pas pour ce que l'on pourrait croire, comme la cruauté du dictateur, mais plutôt car ce documentaire est composé des seuls témoignages de ses proches ou employés... pas besoin de faire de dessin, à la sortie on penserait presque qu'il s'agit d'un "homme assez charmant". Bien heuresement je connaissais en partie la construction et les conditions de sa dictature, ce qui m'a permis de prendre tout le recul nécessaire, bien aidé par les réactions choquées des Espagnols présents dans la salle.
Cela restera tout de même un visionnage instructif, on se dit aussi que "seulement" un peu plus de 25 années sont passées depuis la fin de la dictature, et qu'il reste des "nostalgiques" de cette période que beaucoup d'autres ne veulent plus revivre.
S'en suit "Looking for Eric", Canto acteur et mis en scène par Ken Loach. Film attendu et qui à répondu à tout le bien que j'en avait entendu, léger, drôle et plein de subtilité.
Puis "il gran sono", film italien qui évoque mai 68 de l'autre côté des Alpes, en mêlant le tout à quelques histoires d'amour...un peu trop "fleur bleue" à mon goût, mais tout de même plaisant. Et puis "otra guerra", l'ultime, la dernière projection, et bien je n'ai pas eu l'envie ou le courage de m'y rendre: 22h15, faire 20 minutes de bus, rentrer à pied car pas de bus après cette heure, j'ai rennoncé et regardé la ligue des champions, un peu moins artistiques peut-être, mais qui me plait tout autant!

Et puis le mercredi soir direction madrid, avion très tôt le jeudi matin, Barcelone nous voila! Je débarque avec des amies françaises de Madrid, qui étaient venues me rendre visite à Segovia, plus deux amis à elles, une Tchèque et un Belge, joyeux melting pot  erasmus! A peine arrivés, nous sentons rapidement  l'atmosphère de cette ville, déjà visitée il y a quleques années avec le collège, mais cette fois c'est tout autre. Tout de suite une rue retient notre attention: "carrer dels tallers" (en catalan, et oui!),étroite, plutôt sombre, beaucoup de graffitis, remplie de petites boutiques de vinyls, fringues, friperies...le nom et l'endroit sont retenus, nous y reviendrons!233
Puis il faut que je me trouve une petite auberge de jeunesse pour la nuit, juste celle-ci, car après c'est coach surfing pendant 2 jours! Pour ceux qui ne connaissent pas (encore), le concept est très simple: un site internet, 1 million d'inscrits dans le monde entier, chaque personne à un profil, une description précise, et peut se proposer d'héberger ou simplement d'aider des voyageurs de passage, ou donc demander à être héberger quelques jours! Je me suis donc inscit il y a peu, un nombre incalculable de demandes d'hébergement envoyées et autant de refus ou d'absences de réponses, je n'y croyais plus quand Alexander me dit qu'il n'y a aucun souci, mais à partir du vendredi! Donc le jeudi direction l'auberge de jeunesse, 11 euros la nuit, dans une rue perpendiculaire à las Ramblas, dur de trouver mieux!
On peut donc continuer à se prommener tranquillement, bien accompagnés d'une erasmus barcelonaise amie de Lucile, c'est encore mieux! Le quartier ghotique, très sympa, beaucoup de charme, dur à décrire, ça se voit (je vous promet les photos!) et ça se vit! Puis Barceloneta, le port, un coup de téléphone à Alexander pour fixer la rencontre du lendemain. "Que, una champaneria muy tipica en ese barrio, muy bonita?! muchas gracias, nos vamos!" Si un Barcelonais vous conseille un bar typique, c'est à ne pas rater! 19h, c'est normalement très tôt pour aller dans les bars espagnols, mais pas pour ce bar où l'on ne boit que du champagne local, il est ouvert en journée et ferme à 22h30! Bien caché dans une petite rue, ce bar est tout simplement génial: différents types de champagnes des environs, entre 85cts et 1 euro la coupe, mais le tout dans une ambiance des plus conviviales! Tapas, sandwichs de la maison, l'heure avance et le bar se remplit, nous sortons comblés et avec quelques coupes d'avance!
002On continue, une boite "chic" qui me plait guère, et puis dodo! Le lendemain tout repart de plus belle, la Sagrada Familia, cette immense cathédrale imaginée par Gaudi, sur laquelle les travaux se continuent depuis plus de 60 ans, et se prolongeront au moins autant d'années! Le propre de cette cathédrale: surprenante, folle, haute, belle, sale, interminable. Gaudi nous a mis l'eau à la bouche, direction ces maisons qu'il a crée et où il a vécu, toujours la même atmosphère, cela ressemble à un conte, presque à de la guimauve sur les murs, vraiment envoutant!  Après ça nous retournons dans cette petite "carrer dels tallers", chacun se laisse aller dans des petites boutiques toutes très originales, à des années lumières de toutes ces "grandes" enseignes que l'on retrouve dans ces quelques avenues sans fin, l'autre Barcelone. Car le Barcelone dont l'on entend tant parler et que le découvre les yeux grands ouverts, le cosmopolisme y est roi, les styles et nationalités se mélangent dans une parfaite harmonie, au même titre que l'architecture très diverses des différents quartiers. D'ailleurs cette ville est tellement internationale que l'on s'adresse aux étrangers directement en anglais, on ne se demande même pas si l'Espagnol est connu! Mais si nous parlons bien Espagnol! Enfin je rencontre une paire de chaussure qui me plait, d'ailleurs celle que j'avais vu à Angers juste avant mon départ, mais sans qu'ils n'aient ma pointure!097
Il est maintenant temps d'appeler Alexander, il vit à une rue de l'appartement de l'amie de Lucile où les filles stationnent (leurs deux autres amis sont dans un autre appart d'un autre ami!), parfait! Tout de suite un bon feeling, le temps de poser le sac à dos qu'il me propose une petite virée! Nous voila de sortie, une petite ballade à l'aide des vélos mis à la dispostion des barcelonais (un peu de bricolage de câbles d'Alexander fait que je suis un barcelonais!), nous déambulons dans toutes ces petites rues qui se dévoilent à moi, le quartier mal famé de Barcelona, sa délinquance et ses prostitutées, puis nous continuons, des petites histoires racontées, des échanges très enrichissants, un arrêt dans une sandwicherie qui ne paye pas de mine mais parait-il très réputée ici! Nous patientons, bien accompagnés par notre bouteille de vin, une jeune femme se retourne dans la file d'attente, reconnait l'accent vénézuélien d'Alexander et le mien on ne peut plus français: elle est vénézuélienne et a vécu à en Normandie! La conversation s'engage très vite, tutoiement et bonne humeur de rigueur avec son ami cubain, un catalan d'une cinquantaine d'années se joint à notre conversation internationale, chacun prend son sandwich, s'embrasse et se souhaite bonne route: l'esprit de Barcelone n'est pas un mythe! Le tour de bici reprend, je suis émerveillé par ces quartiers: le ghotique, le borne, el gracie, c'est vraiment inoui de découvrir cette ville avec un local! L'idée du couch surfing est principalement là, pas seulement d'être logé gratuitement, mais surtout d'échanger à propos de tout, de découvrir les lieux insolites de la ville accompagné de la personne nous accueillant...de vivre ensemble et de partager le temps du séjour! Pour cette première tout se déroule à merveille. Nous finissons par poser les bici (abréviation espagnole bien pratique!) après une heure de slalom dans les rues, pour rejoindre l'un de ses amis au quartier gracie, disposant lui aussi d'un charme unique. Une petite place, un artiste y a entreposé une cinquantaine de petites bougies à même le sol, cette autre petite crêperie italienne pour trois fois rien et très bonne...nous nous séparons, je rejoins les autres pour aller au razzmatazz, boite de nuit la plus connue de Barcelone! Ambiance electro et rock, chacun vient habillé comme bon lui semble, la naturel est roi et j'en suis ravi! Une très bonne soirée qui se conclue par des retrouvailles avec Alexander à l'aube, une courte nuit s'annonce! Une autre journée commence, Parque Guell, autre oeuvre de Gaudi pour un industriel de l'époque, j'en avais gardé un souvenir incroyable de ma première visite, mais le nombre de touristes en ce samedi amenuise ce souvenir. Ce parc je l'adore, mais avec tant de touristes qui souhaitent tous poser devant telle ou telle oeuvre au lieu de simplement l'observer puis de la prendre en photo... ça m'agace. Cet erasmus me donne goût à l'observation, au simple fait de profiter des lieux, des moments, au contraire de mitrailler de photos pour finalement ne rien voir...(d'où finalement l'absence de photos de ces moments avec Alexander!) alors oui prendre quelques belles photos permet de se remémorer toutes ces bonnes sentations, mais trop en prendre fait nous perdre tout ça, à mon goût.291
Tout même quelques heures passées dans ce parc fabuleux, pour finalement terminer par une soirée dans gracie, tapas, bar où seuls jazz et blues s'écoutent accompagnés de la bière barcelonaise, puis petit concert des amis d'Alexander dans un autre bar. La fatigue se fait sentir, demain dernier jour, je tiens à me rendre à la Ciutadella et à Montjuic, les autres moins ou pas aux mêmes horaires, chacun organisera son ultime journée comme bon lui semble! Dommage le vent puis la pluie s'invitent, même si tout ceci reste même agréable: 4 jours passés dans cette ville unique pour son melting pot culturel, ses graffitis, son côté "underground" où l'art, la revendication et l'extrême gauche sont en bonne place, tout ça et bien d'autres choses, la découverte de lieux typiques comme cette champaneria, ou encore le couch surfing en font un séjour à la hauteur de mes espérances.
Il est tant de rentrer, de se reposer un peu avant de refaire la valise pour l'Andalousie 3 jours plus tard et pour presque 6 jours cette fois, et je tiens à vous raconter tout ça dans un autre article, car celui-ci est déjà interminable! 

Par Maxime.
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