Lundi 9 novembre 2009 1 09 /11 /Nov /2009 20:46

 15 jours. Je crois que c’est à peu près le temps que j’ai mis pour publier l’article précédent. Et là quelques jours après, je me décide à réecrire, bien plus rapidement! Il faut avouer que pour le coup ce n’est vraiment pas l’inspiration qui me manque, car ce week-end fut nourrit d’anecdotes, qui je crois peuvent décrire assez pertinemment ce qu’est «l’ambiance » Erasmus. Bien au-delà de ces soirées très animées, il y a beaucoup à dire sur le contenu des journées, et le dimanche est assez symptomatique. Comme je vous  l’avais expliqué précédemment, nous faisons les courses chaque début de semaine à partir d’un pot commun.  On donne tous 15 euros (soit 60 euros pour la semaine), et c’est parti direction le « Dia » !

Alors on s’y rend avec « notre » cadi, celui que l’on a empruntré il y a maintenant un bon mois. D’ailleurs ça me fait penser qu’entre temps on a changé de cadi, le premier n’ayant  guère apprécié le chemin accidenté pour aller au supermarché. Dans le meilleur des cas on essaie d’y aller tous ensemble, car c’est quand même plus drôle, et car ça permet à chacun de glisser ce qu’il veut dans le cadi, en prenant garde de ne pas dépasser le budget. Mais finalement ce sont toujours les mêmes produits qui reviennent. La variété des repas n’est vraiment pas notre fort au sein de l’appartement, mais faut dire qu’il n’y a pas grand-chose de nourriture dans les supermarchés espagnols. Je vous assure, je me demande ce qu’ils mangent. Par exemple pour la viande point de viande rouge, et en guise de viande blanche on y trouve simplement des filets de poulet. Alors certes on va au supermarché du coin, mais quand même!

Parmi  les choses que je prends soin de mettre dans le cadi, il ya la traditionnelle brique de jus d’orange, pour le petit déjeuner. Mais les joies de la vie en communauté font que cette semaine je n’ai rien vu de celle-ci, alors que les autres m’ont pourtant dit ne pas apprécier plus que ça le jus d’orange. Car la vie en communauté c’est aussi  ça : se demander comment une demi-livre de beure a pu disparaître en une semaine, pester contre Hector qui encore une fois à dévorer un tiers du frigo à l’aube…

Ceci nous amène à ce fameux dimanche. Celui d’aujourd’hui d’ailleurs, à l’heure où je suis en train d’écrire. Ce dimanche, comme tous les dimanches où l’on s’aperçoit qu’il reste peu de nourriture dans le frigo. Enfin si, il reste bien des pâtes, du riz, et une pizza, mais vu que l’on à tous mangé deux fois dans la semaine du riz et des pâtes… (Quand je vous disais que la variété des plats n’était pas notre fort…).

Car faut le dire, sans les ingrédients de notre pays, on est quand même bien embêté. Non pas que je cuisine en France, loin de là, mais je sais cependant ce  que j’apprécie y manger, et que je ne retrouve pas ici. En soi ça devient le propre de l’Erasmus, s’adapter tant bien que mal aux certaines "contraintes" du pays d’accueil. En l’occurrence l’étrange « pauvreté » des supermarchés espagnols!

C’est aussi là qu’on se dit qu’il serait agréable de manger un petit plat cuisiné par maman. Car pour les étudiants qui ont le plaisir de revenir au foyer familial tous les week-ends, ils savent combien l’on peut-être heureux de manger un plat cuisiné, bien plus élaboré que ce que l’on a mangé dans la semaine. Mais en Erasmus, non, les repas étudiants c’est toute la semaine, week-ends compris, et pendant plusieurs mois!

Alors ce midi on se regarde, pas envie de manger des pâtes ou du riz, ce sera pour ce soir, donc direction le Kebab.

Au retour chacun envisage de se mettre à travailler. Enfin surtout les filles, moi je n’ai pas grand-chose à faire, et c’est pour mercredi. Mais depuis que nous « avons »internet, tout change. Le hasard fait que ce soir il ne fonctionne pas. Mais cet après-midi, si. Internet, pour un Erasmus, c’est comme le téléphone portable en France. On a vécu longtemps sans, mais aujourd’hui on ne peut plus s’en passer. On regarde les nouvelles du pays, on va tous sur msn, facebook, ou encore les équivalents nationaux. D’ailleurs  la chanson « Mais comment on faisait avant ? » d’Hocus Pocus prend tout son sens. Mais pour travailler, pas l’idéal de se retrouver à trois dans le salon! Bien plus convivial, mais qui garantit une efficacité de travail illusoire! Alors forcément, c’est l’heure du café, du goûter, Kristina qui se met à parler en Tchèque avec Skype, puis Annika (qui n’a pas encore internet dans son appartement!) en Allemand, moi qui fait une petite partie de fléchettes…

Enfin vous comprenez bien, on n’a pas fait grand chose. Et puis arrive le coup de la machine à laver. Car oui, j’en ai fait mon titre,  encore quelques choses propre aux Erasmus. Plein de bonne volonté, je décide de m’occuper de mon linge sale. Alors je me lance, lis les programmes de la machine, je décide « L ». Il m’a l’air bien le "L", 40°, toutes matières et blablabla. Ca devrait être pas mal. Habituellement j’utilise « D » me semble t-il. Pour avoir relu les deux intitulés, je n’ai toujours pas compris la différence. Enfin bref. La tournée se termine, j’ouvre la machine, et là l’eau se déverse. Je reste un peu dubitatif, un peu con même, en pensant que c’est rien et que l’eau ça s’arrêter de couler  très rapidement. Alors non, l’eau ne s’arrête pas, vite une casserole, j’ai que ça sous la main, déjà trop tard, la cuisine est pleine d’eau. Allez savoir pourquoi, le programme « L » a décidé de ne pas essorer. Mon linge beigne donc dans ce qui reste d’eau à l’intérieur de la machine.

Les filles rigolent bien, quand un mec utilise la machine à laver…  (la gentille « guerre des sexes » est internationale!) Je n’ai plus qu’à essorer tout à la main au dessus de la douche, Steffi s’occupe de la cuisine, puis je me dois bien sûr de nettoyer la salle de bain. Dommage j’envisageais de me mettre à bosser. Maintenant c’est ma chambre qui prend l’eau avec le linge qui y est à sécher. Puis il est l’heure de manger, pâtes et pizza selon les envies de chacun,  et d’enchainer avec « Todo sobre mi madre »,( « Tout sur ma mère ») d’Almodovar, en Espagnol bien sûr.  Car voir des films en Espagnol c’est vraiment très bien pour s’habituer encore un peu plus à entendre et comprendre cette langue. On ne comprend pas tous les mots, mais au moins on fait marcher notre petite tête pour comprendre le sens global de la phrase. C’est aussi du travail finalement. Juste plus ludique.  En fin de compte, seule Steffi a atteint ses objectifs de travail personnel, elle avait eu la bonne idée de s’installer dans sa chambre, loin des divertissements du salon et d’internet.

Erasmus c’est donc un peu de tout ça : des week ends où l’on sort beaucoup, où l’on a du mal à se mettre à travailler « à cause d’internet »,  ce post-it  de Steffi  dans la cuisine qui demande à Hector de quelle manière il a lavé le plat, et qu’il a le droit de le laver une seconde fois, tous les tickets de caisse accrochés au mur, avec cette publicité proposant de l’aide aux cocainomanes retrouvée dans la boîte aux lettres ( ?), faire le ménage au rythme de la variété tchèque, utiliser  la « lumière rouge » du salon faite à partir d’un plot de chantier (ramené par Hector bien sûr) en guise de lustre, ou encore s’apercevoir que l’on perd peu à peu son Français lorsque une Kristina demande de l’aide pour un exercice de grammaire on ne peut plus basique, ou encore se faire appeler « Max » par sa prof d’Anglais.

 

Et c’est encore plus de petits moments qui se vivent tout simplement.

PS: quelques photos pour mettre des images sur les mots... Situations-de-vie-. Situations-de-vie-.


Par Maxime.
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