Lundi 11 janvier 2010 1 11 /01 /Jan /2010 15:47

Voilà, cette année 2009 se termine, quasiment en même temps que mon troisième mois ici.
D'ailleurs tout comme mes vacances de Noël, nous reprenons les cours jeudi, mais le lendemain de «los Reyes Magos» il n'y aura vraiment pas grand monde, surtout pour une seule journée. J'attendais avec impatience de passer les fêtes ici, alors que tous les autres erasmus étaient ravis de rentrer chez eux. Mais comme je vous l'ai dit je n'étais pas isolé du monde, une partie de la famille et quelques amis ont animé une semaine à eux seuls.

Pour revenir sur l'absence «d'ambiance de Noël» ici, l'importance des Rois Mages (Reyes Magos) est confirmée. Pour le réveillon de Noël j'étais gentillement invité à dîner dans la famille de Senin. Ce fut très chaleureux, mais pour eux il s'agit plus de faire un repas convivial, sans forcément mettre «les petits plats dans les grands». Accueil à bras ouverts, principe des tapas conservé à table, avec différents plats disposés dans lesquels on «pique» à volonté: calamar, gambas, jambon «serano» (fumé), fromage... Il n'y a pas non plus cette excitation des enfants devant le parterre de cadeaux disposés autour du sapin: un petit cadeau pour le principe, ils savent très bien que la majeure partie viendra pour les Rois Mages, donc le 6 janvier, une coutume très chère aux Espagnols.
Mais ici, une fois le repas familial terminé, tu trouves tout de même quelques bars d'ouverts, et plutôt bien garnis! «Retour» le 25, mêmes plats et même ambiance.

Après ça visite familiale, puis premier de l'an. Contrairement à ce qui était prévu, nous n'avons finalement pas été à Madrid, temps catastrophique, contre-temps, sortie du 30 jusqu'au petit matin et retour le 1er prévu à 13h ont eu raison de nous. Tout c'est donc passé à Segovia, mais comme vous pouvez l'imaginer dans une ambiance très festive. Ce qui est drôle c'est que les Espagnols conservent cette culture bars et boîtes de nuit, mais habillés en costumes-cravates et robes de soirée!
Et puis après tout ça il faut commencer à se pencher sur les dossiers à rendre, et on s'aperçoit qu'en Espagnol ça prend «un peu plus de temps», que ce n'est pas durant ces vacances que je me serai reposé, mais que ce fut plutôt l'occasion de redécouvrir le plaisir des tapas et des bars sympas, ceux où l'on va juste prendre un verre parce que l'on s'y bien.
Comme vous avez pu vous en rendre compte, cet article a été écrit en deux temps, donc parfois quelques précisions se rajoutent, sans que je souhaite forcément en changer le contenu initial. J'ai maintenant bien avancé mon dossier, et ça prend même beaucoup plus temps finalement. Entre faire toute une analyse de "Trainspotting", donc le voir attentivement à plusieurs reprises, prendre des notes, chercher des informations...et retranscrire tout ça en Espagnol...déjà 25 pages et me reste l'analyse musicale...ça fait du travail!
Mais je ne m'en plains pas, car ça me permet de me mettre dans le rythme avant la dernière ligne droite et les examens. Et puis nous n'avons plus internet, il semblerait que le voisin ait changé de modem face aux problèmes de connexion répétés, et qu'à l'occasion il ait aussi mis un code. Mince. Ça en réduira ma dépendance, ce n'est peut-être pas plus mal. D'un autre côté ça veut aussi dire que vous n'aurez pas les photos prévues.
Bon je corrige mes mots, car la situation a changé, et internet est revenu au tout début janvier! Franchement ce voisin...:-)
Avec cette nouvelle année je repense à fin décembre 2008 lorsque j'ai appris que je partirai en Erasmus, ici et pas ailleurs. Ça me semble loin, tout comme le délai d'attente durant lequel je me disais "c'est dans longtemps..." et avec des dernières semaines interminables. C'est comme dire à un enfant au mois d'avril quel cadeau il aura à Noël, se lance alors un compte à rebours très lent. Mon erasmus j'étais ravi de l'avoir, et je le suis encore plus de le vivre.
Cette attente, ces recherches sur cette ville qui me semblait inconnue sur «google map», l'arrivée ici... ce n'est pas la fin, donc je ne vais pas jouer les nostalgiques. Mais j'ai bien conscience que l'essentiel est derrière moi.
J'aurai bien sûr aimé rester une année universitaire complète, mais je savais dès le départ que ce n'était pas possible. En tout cas j'aurai profité de ces trois premiers mois et 10 jours à merveille, en attendant le reste. Je n'avais guère apprécié «l'auberge espagnole», et ce n'est pas ce film qui a éveillé en moi l'envie d'un départ. Klapish avait très bien cerné son sujet, malgré, je trouve, quelques longueurs et clichés. Mais maintenant je comprends tout à fait les mots de Romain Duris devenu Xavier.

 " Quand on arrive dans une ville, on voit des rues en perspective. Des suites de bâtiments vides de sens. Tout est inconnu, vierge. Voilà, plus tard on aura marché dans ces rues, on aura été au bout des perspectives, on aura connu ces bâtiments, on aura vécu des histoires avec des gens. Quand on aura vécu dans cette ville, cette rue on l’aura prise dix, vingt, mille fois. Au bout d’un temps cela vous appartient parce qu’on y a vécu."

Ces rues, il m'a fallu peu de temps pour m'y retrouver, en profiter, et peu à peu me les approprier. Cette ville est trop méconnue pour tout ce qu'elle a à offrir: architecture, vie culturelle, bon vivre, vie nocturne, situation géographique... en tout cas à mon goût. Elle n'a pas la mer de Valence, le soleil de Malaga ou encore l'éclectisme de Barcelone, mais il y règne vraiment une atmosphère unique, c'est comme un petit village plein de vie, «où le temps se serait arrêté».
J'ai d'ailleurs pris beaucoup de plaisir à partager un peu de tout ça avec mes proches, et je me rends compte que je connais maintenant un peu de son histoire, de ces petites rues bien cachées, et c'est vraiment agréable de s'apercevoir encore un peu plus combien je me sens bien ici. Et Segovia sous la neige est tout aussi plaisante.

Cependant, en vivant de voyages et dans un rythme de vie dont on décide en permanence, on s'éloigne un peu de "la réalité". On ne fait que ce que l'on veut, avec pour seule obligation l'université. On se construit un rythme de vie passionant mais qui nous "déphase" totalement de ce que l'on retrouvera en rentrant. Je commence à comprendre, et peut-être à entrevoir ce qu'est "le spleen post-erasmus".
Mais je compte bien profiter de ce dernier mois et une semaine. Entre les révisions, les examens, une visite à Toulouse et un match à Santiago Bernabeau. C'est chargé, comme tout cet Erasmus.
D'ailleurs Bernabeu j'en reviens! Match à 19h ce dimanche, Real Madrid-Real Mallorca, le 2ème recevant le 4ème, belle affiche. La neige s'est invitée, ça a forcément refroidit l'atmosphère. Mais j'ai tout de même gardé mes yeux d'enfant grands ouverts pour voir où courraient mes idoles de 98, bien avant l'équipe de France. Suker, Mijatovic...maintenant remplacés par les "Galactiques" de Florentino, mais peu importe. Un petit tour par la boutique officielle avant la rencontre, où l'effervescence était incroyable: maillots floqués, tasses et autres souvenirs parfois improbables s'arrachent en peu de temps. Maintenant je comprends mieux tout le merchandising du Real, et que ces "investissements" à coup de centaines de millions rapportent au mois autant de millions...
Ayant payé ma place avec ma CB française et par internet, je me devais de la retirer à un guichet spécial. Une fois cette formalité passée je peux enfin rentrer dans cette enceinte mythique, qui s'apparente un peu à un grand théâtre: construite tout en hauteur, les tribunes à différents niveaux comme des balcons, mais finalement pas si imposante que l'on pourrait le croire. Mais cela reste tout de même très impressionant. Pour la nouvelle gouvernance espagnole à la tête de l'UE un petit protocole était organisé, mais pas aux goûts des madrilènes: l'officiel européen est conspué et des "VIVA ESPANA!!!" retentissent dans le stade. Le ton est donné. Le match est plaisant malgré quelques approximations de part et d'autre, et les "socios" (les abonnés du club à qui le club appartient réellement, qui élisent le président...) dont je suis entouré ne pardonnent rien à leurs joueurs, Cristanio y compris.
Higuain "El pipita" continu sur sa lancée d'un superbe but, puis Granero peu après la reprise. Le match prend fin, et la neige retarde considérablement notre trajet retour.
Ce week-end j'ai aussi accueilli deux étudiantes erasmus grecques venant de Vallaladolid en Couch Surfing, la première fois que je jouais les hôtes. Très sympa, et je réedite l'expérience ce mercredi avec une Argentine, qui semble tout aussi gentille.

Vendredi départ pour la France, et oui petite visite à Toulouse, la ville rose pour y retrouver des visages loin d'être inconnus.

Maintenant je pense seulement venir réécrire ici une fois les examens terminés, pour vous parler de tout ça, et si je le peux faire un bilan de cette expérience, pour clôturer ce blog. Je tiens aussi à prendre le temps de relire chacun des articles pour en corriger les fautes d'orthographe et de frappe qui y trainent, car ce n'est pas à mon goût. Mais quand on choisit d'en dire plus au détriment d'une relecture...je m'en excuse. Le programme «Viajeros» se termine. Bien l'un des rares programmes de la télévision espagnole à portée culturelle.
Cette émission télévisée met en avant des Espagnols expatriés dans les villes du monde entier, chargés d'en faire une présentation, de la culture... et Amsterdam à vraiment l'air agréable.

Un fois parti, on attrape le virus du voyage, on m'avait pourtant prévenu.

Par Maxime.
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